"Le 4ème mandat a crée une situation de délitement et de désordre palpables"

Soufiane Djilali: «l’armée ne peut pas échapper au chaos crée par M. Bouteflika»

> Interviews - publié le 20/09/2015 - 09:23 | Dernière mise à jour: 20/09/2015 - 09:23
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Personne interviewée: Soufiane Djilali, président de Jil Jadid
Interview réalisée, le 22 juil 2015, par: Farouk Djouadi - source: El Watan
© Photo Lyes H. El Watan
Le président de Jil Djadid, Soufiane Djilali, considère que la persistance des attentats terroristes et les provocations de l’ex-président français à l’encontre de l’Algérie sont encouragés par le délitement généralisé occasionné par le 4eme mandat de Bouteflika. Soufiane Djilali a évoqué aussi l’avenir de la CLTD, suite à la rencontre du président du MSP avec Ouyahia.
Le parti FJD de Abdellah Djaballah a menacé de se retirer de la CLTD (Coordination pour les libertés et la transition démocratique), après la rencontre du président du MSP, Abderrazak Makri, avec Ouyahia. Peut-on dire que l’avenir de la coordination est compromis?
Nous avons évoqué longuement cette question lors de la dernière réunion, ténue mercredi dernier au siège de Jil Djadid, où nous avons remis les choses à leurs places. Tant que le MSP respecte les positions de la CLTD et qu’il ne parle pas en son nom, nous n’avons pas à s’immiscer dans ses démarches. Durant la réunion, le représentant du FJD a indiqué qu’il doit rendre compte au bureau politique de son parti qui prendra la décision de quitter ou de rester au sein de la Coordination. Maintenant, si le FJD décide de rester au sein de la CLTD, il est le bienvenu mais s’il préfère créer et diriger un pôle islamiste, comme annoncé par des médias, il est libre de le faire.
Comment voyez-vous l’avenir de la CLTD après cette crise ?
La CLTD a joué un rôle extrêmement important pour créer une véritable opposition politique en Algérie. La coordination a brisé les tabous et joue un rôle central dans la vie politique bien qu’on soit en dehors des institutions. Il y a deux années, le pouvoir ne parlait pas d’opposition. Maintenant, nous devons aller vers des horizons plus pratiques. La CLTD se réunira dans 10 jours. Nous avons prévu également une rencontre de l’ICSO (Instance de coordination et de suivi de l’opposition) car la rencontre du 7 juillet dernier ne nous a pas permis d’aborder les points inscrits à l’ordre du jour à cause des événements tragiques qui se sont produits à Ghardaïa. La CLTD passera à une autre phase, maintenant que nous avons les référents nécessaires, une plateforme et un contenu politique.
L’attentat de Ain Defla a soulevé une polémique au sujet des équipements des soldats de l’ANP. Un commentaire ?
Je ne suis pas un expert en la matière mais je pense que le problème ne réside pas au niveau des équipements. Il me semble que le problème se situe au niveau de la volonté politique. Le 4eme mandat a crée une situation de délitement et de désordre palpables. Après les élections présidentielles, M. Bouteflika est rentré pour s’occuper de lui-même. L’armée ne peut pas échapper au chaos crée par M. Bouteflika. Un chaos qui a touché l’ensemble des institutions, après 16 ans de prédation. Mais il ne faut pas endosser toute la responsabilité à une seule personne. Sellal, Ouyahia, Belkhadem, les ministres et les soutiens de Bouteflika sont tous complices. Nous n’avons ni institutions, ni Etat de droit. Tout le monde est occupé à « bouffer », à négocier des pourcentages dans les contrats et à s’acheter des appartements dans les capitales européennes.
Les déclarations de l’ex-président français Nicolas Sarkozy, lundi dernier à Tunis, ont soulevé l’indignation des Algériens. Quelle est votre lecture ?
C’est l’Algérie qui prête le flanc. Certains viennent prendre l’argent et d’autres pour collecter des voix. C’est nous les fautifs. Le monde ne fonctionne pas sur la base de sentiments mais sur la base des intérêts. C’est la règle du jeu. Malheureusement, l’Algérie ne sait pas disposer de ses richesses.